Edito : Véhicules autonomes, anticiper les impacts sociétaux par Bruno Pennel

 18/04/2017 09:38:09      Editos

Edito : Véhicules autonomes, anticiper les impacts sociétaux par Bruno Pennel

Tous les constructeurs engagés dans la course aux voitures autonomes mettent le paquet pour  mettre ce type de véhicule sur le marché, si possible en étant LE PREMIER. Certains, comme Ford, avancent la date de 2021, mais on peut supposer qu’il faudra attendre encore quelques décennies avant la généralisation des véhicules totalement autonomes. Le directeur des recherches du cabinet IHS Automotive, Egil Juliussen, prédit qu’en 2035 les véhicules autonomes représenteront 9% du parc mondial et 100% en 2050.

Toutefois, avant d'atteindre ce résultat, plusieurs étapes intermédiaires doivent d'abord être franchies : il faut que la technologie autonome arrive à maturité, que la réglementation s’adapte, prévoir un renouvellement total du parc automobile, faire évoluer les mentalités...

Plus important encore, tout en continuant de relever les différents défis de la voiture autonome, les acteurs du secteur doivent anticiper et préparer nos sociétés au bouleversement massif qu’engendrera cette révolution.

En effet, on peut imaginer qu’à terme, des sociétés de transport de personnes comme Uber en démocratisant les « TaxiBots » (taxi-robot sans chauffeur) réduisent le prix moyen d’une course. Selon une étude de l’université de Columbia, appliquée à la ville de New York, le prix d’une course serait ainsi divisé par 10 et il suffirait alors de seulement 9000 taxibots contre 14000 "yellows cabs" aujourd’hui, avec en moyenne 36 secondes d’attente pour trouver un véhicule.

La flexibilité et les tarifs abordables des TaxiBots pourraient représenter également une menace pour les transports en commun qui devront eux aussi se renouveler afin d’optimiser leurs performances, diminuer leurs tarifs et améliorer le confort de leurs clients.

Par ailleurs, posséder son propre véhicule pourrait devenir économiquement non avantageux. Aujourd’hui, la voiture représente le deuxième budget des ménages (en moyenne 3300€ à l’année en frais d’entretien, assurance, stationnement, carburant...) alors que l’utilisation moyenne ne dépasse pas les 4% sur l’année dans les grandes métropoles. La démocratisation des voitures autonomes pourrait donc engendrer une baisse drastique des ventes de véhicules au profit d’une hausse des courses autonomes! C’est ce qui ressort d’une étude de l’OCDE qui prédit une diminution du parc automobile de 90%. Le secteur du transport des marchandises n’est pas en reste : on peut s’attendre aussi à la disparition des chauffeurs des cabines de conduite!

Enfin, de façon plus large, ce sont de nombreux emplois et métiers qui seront impactés : les parkings, les services de voituriers, les auto-écoles, les assurances (les accidents devront diminuer de 80% d’ici 2050 et certains constructeurs comme Volvo, Google et Mercedes ont annoncé qu’ils prendront en charge la responsabilité des accidents causés par leur voiture autonome)...

Les autorités doivent également s’adapter : l’Etat français, par exemple, ne pourra plus compter sur les 1,6 milliard d’euros de recettes issues des contraventions routières et il faudra affecter les policiers et autres agents dédiés aux contrôles à d’autres fonctions.

Certains spécialistes parlent de la disparition de millions d’emplois. On peut néanmoins nuancer ce scénario catastrophique en mettant en avant le principe de destruction-création de l’économiste Schumpeter. En effet la destruction de certains emplois sera compensée par la création de nombreux autres qui accompagneront la voiture autonome que ce soit dans le domaine de l’électronique, informatique, data, cybersécurité, maintenance, programmation, expérience-client, etc.

On peut aussi imaginer de nouvelles possibilités de financement. Tout comme le font les industriels de la téléphonie, les constructeurs automobiles peuvent laisser la main libre aux développeurs de système d’exploitation, qui pourront se payer en retour grâce aux multiples services qu’ils proposeront à bord.

Les assureurs automobiles pourraient aussi évoluer vers une gestion de contrats tournée principalement vers les grands comptes (par exemple les constructeurs qui acceptent de prendre la responsabilité des accidents causés par leur véhicule) et proposer d’autres services sur mesure aux particuliers sous forme de produit premium.

Il faudra également repenser les zones urbaines, car avec la voiture autonome on gagnera de l’espace sur les parkings, la largeur des voies.... Ces espaces pourraient être affectés à de nouveaux équipements urbains ou espaces verts. Les banlieues pourront aussi tirer profit de la fluidification du trafic.

En conclusion, la démocratisation des voitures autonomes créera de nombreuses opportunités mais il faudra aussi anticiper et préparer les chamboulements sociétaux qu’elle engendrera!

Bruno Pennel

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